mardi 19 mai 2009
Obama, icône africaine
Ainsi, l’homme Africain n’entre pas assez dans l’histoire. Et pourtant, le « Nassara » que je suis est toujours aussi subjugué par la manière dont le continent s’approprie l’actualité internationale et la réinvente. On le croit marginalisé et hermétique aux grands enjeux du moment. On évoque sa contribution au commerce mondial pour en conclure à son poids insignifiant dans tous les autres domaines...politique, philosophique, culturel. Or, l’Afrique n’a jamais semblé si réceptive aux vibrations contemporaines.
Obama en est l’exemple. Il suffit de se promener dans Ouagadougou pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Partout des « maquis » et des restaurants baptisés du nom du nouveau président américain. Des « Yes, We Can » inscrits maladroitement sur les murs ou plus subtilement graffés. Des jeunes arborent des tee-shirts à son effigie, ceux-là même qui, il y a encore cinq ans, préféraient fièrement coller le visage d’Oussama Ben Laden sur leur chemise.
L’homme africain ne rentre pas assez dans l’histoire ? On l’imagine entre sa houe, ses bœufs et sa charrue à bras, hermétique au bruissement de cette planète de plus en plus complexe. Enraciné dans ses traditions, il serait incapable de se projeter dans l’avenir, ni même de s’en inventer un. L’imagerie coloniale reprise jusque dans certains cercles présidentiels a encore de beaux jours devant elle, malheureusement.
Mais pendant que les uns pérorent sur son influence dans et sur le monde, ce continent avance. C’est là l’essentiel. L’Africain ne rentre pas assez dans l’histoire ? Une chose est sûre. Nicolas Sarkozy, lui, n’est pas entré dans l’histoire africaine. Pas encore.