Sous le nez de la Muzungu !
Abedi est très gentil. Vraiment très gentil. C’est le chauffeur qu’un ami m’a conseillé pour m’emmener à Jinja, à presque 100 kilomètres de Kampala. Là où se trouvent les fameuses sources du Nil.
Abedi est congolais et a dû fuir son pays pendant la « guerre de Kabila », comme il dit, lors de laquelle son frère est mort et lui a été violemment battu.
Abedi aime l’Ouganda. Parce qu’on peut y vivre paisiblement quand on est étranger. « Pas besoin de faire des tas de paperasseries pour ouvrir une petite boutique. Le permis de conduire international fonctionne ici. Les policiers jettent un coup d’oeil et vous laissent toujours passer », explique-t-il. « Pas comme au Rwanda. »
Abedi conduit vite. Très vite. Même sur une route à deux voies aux bas-côtés approximatifs, alors qu’il vient de pleuvoir à verse et que d’énormes camions roulent à tombeaux ouverts... Nous arrivons néanmoins sans encombre à Jinja, trouvons un peu par hasard le chemin du Lac Victoria pour observer l’endroit d’où bouillonnent les premiers flots du Nil. Pour admirer le spectacle, il a fallu débourser 30 000 shillings (10 euros) pour une balade en bateau de 5 minutes. Et encore, la Muzungu (la blanche en Swahili) a de la chance, explique le jeune homme qui nous a fait la visite : c’est grâce à Abedi qui parle swahili que nous payons si peu cher. D’ordinaire, c’est 100 000 shillings (35 euros).
Sur le chemin du retour, environ 10 kilomètres après la sortie de la ville, nous apercevons au loin deux policiers, tout de blanc vêtus. Ils nous font signe. Abedi s’arrête. La femme corpulente et l’air bonhomme s’approche de notre voiture. Elle tient dans la main, comme un pistolet, un radar gris flambant neuf.
Voilà que les moyens de contrôle et de répression des comportements dangereux sur la route sont enfin utilisés sur le continent ! Et il faut que ça tombe sur moi…
Abedi parlemente. Il sort de l’auto. L’agente m’explique que l’amende s’élève à 100 000 shillings (35 euros). Ce n’est pas rien pour un chauffeur de taxi qui doit gagner 20 euros de la journée - quand tout va bien -, je lui rétorque. La loi, c’est la loi, me dit-elle dans un grand sourire.
Abedi revient, il a payé l’amende à l’autre officier, resté dans la voiture de police. Il dit au revoir, rapidement, et redémarre en trombe.
« Elle m’a dit d’aller là -bas pour payer. Je leur ai donné 20 000 (7 euros) pour qu’ils n’enregistrent pas l’amende. Elle ne voulait pas que toi, la Muzungu, tu vois. Elle m’a dit : ces choses-là , ça doit rester entre nous. La corruption, ça ne s’arrêtera jamais ici. »
Abedi conduit vite. Très vite. Même sur une route à deux voies aux bas-côtés approximatifs, alors qu’il vient de pleuvoir à verse et que d’énormes camions roulent à tombeaux ouverts... Nous arrivons néanmoins sans encombre à Jinja, trouvons un peu par hasard le chemin du Lac Victoria pour observer l’endroit d’où bouillonnent les premiers flots du Nil. Pour admirer le spectacle, il a fallu débourser 30 000 shillings (10 euros) pour une balade en bateau de 5 minutes. Et encore, la Muzungu (la blanche en Swahili) a de la chance, explique le jeune homme qui nous a fait la visite : c’est grâce à Abedi qui parle swahili que nous payons si peu cher. D’ordinaire, c’est 100 000 shillings (35 euros).
Sur le chemin du retour, environ 10 kilomètres après la sortie de la ville, nous apercevons au loin deux policiers, tout de blanc vêtus. Ils nous font signe. Abedi s’arrête. La femme corpulente et l’air bonhomme s’approche de notre voiture. Elle tient dans la main, comme un pistolet, un radar gris flambant neuf.
Voilà que les moyens de contrôle et de répression des comportements dangereux sur la route sont enfin utilisés sur le continent ! Et il faut que ça tombe sur moi…
Abedi parlemente. Il sort de l’auto. L’agente m’explique que l’amende s’élève à 100 000 shillings (35 euros). Ce n’est pas rien pour un chauffeur de taxi qui doit gagner 20 euros de la journée - quand tout va bien -, je lui rétorque. La loi, c’est la loi, me dit-elle dans un grand sourire.
Abedi revient, il a payé l’amende à l’autre officier, resté dans la voiture de police. Il dit au revoir, rapidement, et redémarre en trombe.
« Elle m’a dit d’aller là -bas pour payer. Je leur ai donné 20 000 (7 euros) pour qu’ils n’enregistrent pas l’amende. Elle ne voulait pas que toi, la Muzungu, tu vois. Elle m’a dit : ces choses-là , ça doit rester entre nous. La corruption, ça ne s’arrêtera jamais ici. »
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