La version française de son nouveau livre, qui devait à l’origine s’appeler La fin d’une illusion, sera publiée le 11 février à Paris par la nouvelle maison d’édition LLL, Les Liens qui Libèrent. Une maison qui ambitionne de traiter les sujets brûlants de la société « moderne » dans les domaines de l’économie, de la politique, des sciences, de la psychologie, de la psychanalyse… Traduit de l’américain par Paul Chemla, le livre de Stiglitz nous livre en 360 pages (pour 22 euros) des réflexions passionnantes sur la fin du capitalisme anglo-saxon qui s’est épanoui sous l’ère de Ronald Reagan, Margaret Thatcher, George W. Bush et bien d’autres… Il s’interroge aussi sur la naissance d’un néocapitalisme mieux régulé (par l’État), plus responsable et, espère-t-il, moins inégalitaire et plus respectueux de l’environnement. La déréglementation à tout crin, l’obsession du profit à court terme et la libre circulation des capitaux ont provoqué la crise actuelle. Il ne s’agit pas seulement d’une crise financière mais de la faillite de tout système aggravée par l’absence de morale.

Le Triomphe de la cupidité, dont j’ai pu lire des épreuves avant la sortie, est un appel aux élites politiques et économiques pour aller au-delà des mesures ponctuelles de sauvetage. Il est dangereux de relancer un système qui a échoué, dit en substance Stiglitz. Car les banques, Wall Street et les autres bourses vont reprendre leurs activités comme si de rien n’était et le monde ira de crise en crise.

Mais l’auteur ne dénonce pas seulement « le grand hold-up américain », il consacre les cinq derniers chapitres aux solutions possibles. Il répond ainsi à une multitude de questions à propos du nouvel ordre capitaliste, du nouveau système de réserves mondial, du multilatéralisme, de la réforme de la science économique, de l’innovation. Et livre sa vision d’une nouvelle société.