Combien sont morts au Zimbabwe, au Kenya, à Madagascar, au Gabon… ? Combien encore perdront la vie en Guinée et ailleurs ? Combien seront sacrifiés avant que nos dirigeants les plus bornés comprennent enfin que les populations ne sont pas des sujets qui leur doivent une reconnaissance absolue et éternelle pour le bien-être qu’ils sont convaincus de leur procurer ? Le syndrome du « président sauveur » est pernicieux. Les faits, une fois de plus (de trop) l’ont prouvé. Il y a neuf mois un jeune soldat qui se disait patriote a décidé de prendre en mains les destinées d’un pays merveilleux dont on se demande s’il se remettra un jour des démons du passé. Ce patriote qui se croit plus patriote que ses concitoyens, par bêtise, naïveté ou cynisme (qui sait ?), a craché son impuissance à la face du monde. « Je suis très désolé »a-t-il dit aux médias. C’est trop tard. La terre de Conakry a été souillée. Et sauf miracle divin, la soif de vengeance sans doute fera de nouveau couler le sang. Le sang de ceux qui braveront des hommes armés dans le seul espoir de sauver leur pays d’une douloureuse agonie.

Je suis désolée. Oui. Désolée d’avoir écrit ces lignes. Comme les commentaires entendus çà et là depuis la répression sanglante de la manifestation des Forces vives, elles témoignent de la gravité d’une situation qui nous concerne tous. Tel un serpent visqueux, elle échappe des mains du capitaine Moussa Dadis Camara "désolé" d'avoir semé la désolation...