Les gabelous chérifiens affirment avoir saisi plus de 70 tonnes de chira (résine de cannabis) en cinq mois, dont 20 tonnes en seule prise début juin à Nador. La drogue était cachée dans des caisses de poulpe à destination de l’Espagne.

Pour rappel, les autorités ont officiellement saisi 110 tonnes de chira en 2008 mais, au rythme actuel, ce record devrait être bientôt dépassé. L'équipement des ports avec des scanners permet d'examiner avec beaucoup plus de précision les contenus des milliers de semi-remorques internationaux qui transitent chaque année par le royaume. De plus, les saisies sont désormais presque systématiquement détruites. Les voisins de la décharge de Médiouna (Casablanca) ont du sentir de stupéfiantes odeurs le 26 mai puisque pas de 12 tonnes de chira ont été brûlées ce jour-là à ciel ouvert par les autorités. L’envolée de ces saisies de chira inspire deux commentaires. Le premier est qu'incontestablement le Maroc a passé le grand braquet contre les passeurs qui, une fois tombés dans les mailles des douaniers, voient s'envoler des millions d'euros (un gramme de H se vend jusqu'à 10 euros le gramme). Mais le volume saisi est aussi à comparer avec les assurances du ministère de l’Intérieur qui affirme avoir divisé par deux la surface cultivées en cannabis (134.000 hectares en 2003, 60.000 en 2008) dont le Maroc est toujours considéré comme le premier producteur mondial. Même si cette culture est maintenant moins visible au bord des grandes routes, il est probable que le cannabis ait pris racine ailleurs. Ou alors que les planteurs du nord marocain aient mis au point un nouvel engrais miracle.