vendredi 22 mai 2009

Dis moi combien tu as de portables, je te donnerai mon numéro

fpompey

Fabienne Pompey est rédactrice en chef adjointe, chargée de l'Afrique subsaharienne. Entrée à Jeune Afrique en septembre 2008, elle a passé 15 ans sur le continent, en Afrique de l'Ouest puis en Afrique australe.

A Abidjan, à moins de trois téléphones portables, on n'est qu'un vil margouillat. Et pourtant... Jamais il n'a été aussi difficile de joindre quelqu'un, enfin un "grand quelqu'un"... Les petites gens ont un téléphone, pour téléphoner, les autres en ont trois pour qu'on ne puisse surtout pas les déranger. Vive le monde moderne.

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"Surveillez vos enfants !"

Samy Ghorbal

Samy Ghorbal est journaliste à Jeune Afrique depuis janvier 2005. La politique et le Maghreb figurent parmi ses domaines de prédilection.
 

Impossible d’y échapper : elle est partout, s’immisce dans toutes les conversations, sature les messageries, parasite la toile.

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mardi 19 mai 2009

Obama, icône africaine

flejeal

Journaliste à JA depuis 2006, Frédéric Lejeal couvre l’actualité économique du continent. Sa zone de prédilection : l’Afrique de l’Ouest, et notamment le Burkina. Il a déjà publié 2 ouvrages sur ce pays : "Le Burkina" (Karthala, 2005) et "La politique étrangère du Burkina Faso sous Thomas Sankara" (Ellipses, 2002).

Ainsi, l’homme Africain n’entre pas assez dans l’histoire. Et pourtant, le « Nassara » que je suis est toujours aussi subjugué par la manière dont le continent s’approprie l’actualité internationale et la réinvente. On le croit marginalisé et hermétique aux grands enjeux du moment. On évoque sa contribution au commerce mondial pour en conclure à son poids insignifiant dans tous les autres domaines...politique, philosophique, culturel. Or, l’Afrique n’a jamais semblé si réceptive aux vibrations contemporaines.

Obama en est l’exemple. Il suffit de se promener dans Ouagadougou pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Partout des « maquis » et des restaurants baptisés du nom du nouveau président américain. Des « Yes, We Can » inscrits maladroitement sur les murs ou plus subtilement graffés. Des jeunes arborent des tee-shirts à son effigie, ceux-là même qui, il y a encore cinq ans, préféraient fièrement coller le visage d’Oussama Ben Laden sur leur chemise.

L’homme africain ne rentre pas assez dans l’histoire ? On l’imagine entre sa houe, ses bœufs et sa charrue à bras, hermétique au bruissement de cette planète de plus en plus complexe. Enraciné dans ses traditions, il serait incapable de se projeter dans l’avenir, ni même de s’en inventer un. L’imagerie coloniale reprise jusque dans certains cercles présidentiels a encore de beaux jours devant elle, malheureusement.

Mais pendant que les uns pérorent sur son influence dans et sur le monde, ce continent avance. C’est là l’essentiel. L’Africain ne rentre pas assez dans l’histoire ? Une chose est sûre. Nicolas Sarkozy, lui, n’est pas entré dans l’histoire africaine. Pas encore.