Bakchich or not bakchich?
La scène se passe sur une route de campagne, à mi-chemin entre Ifrane et Meknès. Mon compagnon de route et moi-même étions tranquillement en train de discuter quand nous avons aperçu au loin les silhouettes de deux gendarmes. Les deux hommes avaient l’air de s’ennuyer ferme et nous étions sans doute la première voiture qu’ils voyaient de la journée. Ils ne résistèrent donc pas au plaisir de nous arrêter.
L’air agacé mon ami me dit : « barrage del flouss », entendez, barrage d’argent. Il me raconte alors sa lassitude de devoir, bien souvent, au terme d’une longue conversation et d’un interminable marchandage, céder 20 dirhams aux forces de l’ordre pour une faute qu’il n’a pas commise. La situation, bien qu’anecdotique, est en réalité très révélatrice et montre à quel point la corruption reste un geste quotidien pour beaucoup de marocains. Plus grave, c’est l’existence même de cette corruption qui fait dire aux détracteurs du nouveau Code de la route marocain qu’il ne sert à rien d’augmenter les amendes en cas d’infraction, car cela ne fera que rehausser le montant des bakchichs. En un mot, inutile de réformer ou de moderniser la loi quand sa bonne application n’est pas assurée. Il aurait sans doute fallu, sur ce chemin bucolique, que soit posté celui que l’on a nommé le sniper de Targuist. Cet anonyme avait fait beaucoup parler de lui après avoir mis en ligne des vidéos montrant des gendarmes dans le Nord du Maroc en pleine opération de racket des automobilistes. Une initiative qui avait fortement déplu à la gendarmerie et qui avait valu des ennuis judiciaires à son auteur. Au bruit du sifflet, nous nous sommes donc arrêtés. Il faut le reconnaître, ces gendarmes étaient débonnaires et pleins d’humour. Nous avons parlé de la pluie et du beau temps, de la bonne récolte agricole et bien sûr, ils ont tenté leur chance. S’est alors engagé, en toute franchise, un débat sur la réalité de la corruption au Maroc. « C’est aussi au citoyen de la refuser et de ne pas céder à la facilité » hasardais-je. Devant mon obstination, les deux compères se sont inclinés avec le sourire et nous ont laissés partir, lançant à mon ami : « C’est une avocate coriace ! »
Commentaires
1. Le dimanche 3 mai 2009 à 22:32, par chirad@
2. Le lundi 18 mai 2009 à 12:48, par malekis
3. Le jeudi 21 mai 2009 à 20:26, par baraka
4. Le mercredi 27 mai 2009 à 00:47, par diabissé
5. Le lundi 1 juin 2009 à 02:03, par adnane
6. Le jeudi 11 juin 2009 à 03:31, par Massake
7. Le vendredi 10 juillet 2009 à 15:51, par bungalow
8. Le samedi 18 juillet 2009 à 05:37, par Youbovski1
9. Le mardi 6 octobre 2009 à 10:20, par Mezian
Ajouter un commentaire
Quelques recommandations d’usage à l’attention des internautes
Vous voulez donner votre avis sur l’un des posts ? Rien de plus simple, tous les commentaires sont les bienvenus. Cependant, gardez à l'esprit que ces blogs font l'objet d’une modération régulière. Ce qui signifie que Jeuneafrique.com se réserve le droit de choisir les commentaires qui seront mis en ligne.
Bien évidemment, nul besoin de préciser que les posts hors-sujet ou injurieux ne seront pas publiés. A bon entendeur…
Suggestions
Si vous souhaitez nous faire part de vos suggestions concernant les blogs, n’hésitez pas à nous écrire à l’adresse suivante : blogs@jeuneafrique.com