C’est à croire que les autorités ont horreur des cartes géographiques de quartier ou de ville, des plans de métro ou de chemins de fer… Pour les touristes, qui viennent de l’intérieur ou de l’étranger, il faut s’armer de patience avant de trouver sa route ou son chemin à Tunis, la capitale, comme ailleurs dans le pays.

Dernier exemple en date, la mise en service officielle le 21 mars du pont entre La Goulette et Radès dans la banlieue de Tunis. C’est une très belle infrastructure : un pont à haubans de 260 mètres – le plus long de Tunisie – et des échangeurs nord-sud sur une dizaine de kilomètres. Le tout a coûté 141 millions de dinars tunisiens, soit près de 80 millions d’euros. Mais personne n’a songé investir le moindre centime dans la réalisation des nouveaux schémas de circulation routière et des panneaux d’affichage pour aider les automobilistes à s’engager sur cette nouvelle voie qui leur permet d’éviter le passage embouteillé par le centre de Tunis. Certes, celui qui vient de l’autoroute Hammamet-Tunis aperçoit un panneau surchargé (trop de texte), donc difficile à lire rapidement pour un automobiliste. On rate ainsi l’accès vers le pont. Seuls les riverains et les usagers habituels sont en mesure d’utiliser ce nouveau parcours dont l’objectif est d’attirer 30 000 véhicules par jour… Comment y parviendra-t-on sans un affichage clair ? Peut-être qu’il faudra pour cela attendre que les responsables de ce projet reçoivent, comme d’habitude, l’ordre du président de la République pour s’exécuter?

J’ai déjà signalé, dans mon blog en octobre 2007, l’absence d’un plan du réseau du métro léger de Tunis (tramway). A ce jour, ce plan n’existe pas, ni dans les gares, ni à l’intérieur des rames. La société d’exploitation – Transtu – n’a même pas un site Internet. Elle gère pourtant huit lignes de métro (un réseau d’environ 80 km) et transporte quotidiennement plus d’un million de passagers. Elle ne s’intéresse apparemment pas à gagner des passagers supplémentaires – touristes et autres visiteurs – lesquels sont condamnés à utiliser les taxis ou à marcher à pieds. Selon une enquête de satisfaction, publiée en mars, plus de la moitié des usagers, soit 52 %, sont mécontents. Autre sujet d’étonnement, les mauvaises conditions de sécurité. J’ai vu de mes propres yeux, le 16 avril, sur la ligne qui traverse l’avenue Mohamed V, des ouvriers en train de poser des pavés entre les rails. A leur vue, le conducteur du métro s’arrête pour qu’ils s’éloignent le temps de son passage avant de revenir à leur ouvrage… Transtu n’a pas décidément tiré la leçon du drame qui a coûté la vie à un de ses ouvriers le 22 décembre 2008. La victime effectuait des travaux de maintenance à 9h50 quand elle a été heurtée par le train…