L'âge de la piraterie
En dépit de la présence de bâtiments militaires déployés par les plus puissantes armées du monde, rien ne semble pouvoir arrêter les pirates qui écument le golfe d'Aden. Le Somalie s'enfonce à la grande inquiétude de ses voisins.
De passage au Port kenyan de Mombassa le 15 avril dernier, je suis tombé sur le Maersk Alabama, ce cargo dont le monde entier a entendu parler, pour avoir été brièvement capturé dans le golfe d’Aden par des pirates somaliens. Mais aussi pour louer l’héroïsme de son capitaine qui s’est offert en sacrifice dans l’objectif de sauver son équipage. Vaguement inquiètes, les autorités du port assurent que, pour l’instant, le fléau n’a pas d’impact réel sur le trafic du principal port kenyan. Mais pour combien de temps encore ? De plus en plus audacieux, ces redoutables flibustiers s’attaquent aux navires, retiennent des équipages, exigent des rançons et défient des bâtiments de guerre Américains ou chinois qui croisent dans les eaux dangereuses de la région. A l’instar de la communauté internationale, le Kenya se montre impuissant à la endiguer les activités criminelle qui menacent l’économie des pays voisins.
Le conflit somalien avait déjà valu au Kenya d’accueillir un nombre considérable de réfugiés. A Naïrobi, ils se sont entassés dans des bidonvilles vite transformés en zones de non-droit interdites à la police. L’attractivité de l’accueillant Kenya est d’autant plus forte que, contrairement à la désertique Somalie, les « réfugiés » peuvent y trouver des conditions favorables à la culture du Khat, un arbrisseau dont on mâche les feuilles pour leur effet stimulant et euphorisant, comparable à celui de l’amphétamine. Si les pirates ont engrangé près de 40 millions de dollars de rançon en 2008 selon des estimations, les trafiquants de Khat ne sont pas en reste : à 1 euro le kilogramme, et au regard de l’augmentation rapide de la production, ils grignotent des parts de marché aux trafiquants yéménites, qui règnent sur la corne de l’Afrique. Prévoyants, pirates et trafiquants réinvestissent leur gains dans l’immobilier, qui flambe dans la capitale kenyane. C’est l’âge de la piraterie
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