Il suffit d’y mettre le prix et un peu de bonne volonté. Je suis revenu bluffé de ma conférence. « L’Afrique sous-exploite les mécanismes du protocole de Kyoto », m’a appris Thierno Tall, directeur du Faber (www.faber-abref.org).

Explication : pour lutter contre le changement climatique, près de 200 États se sont mis d’accord, sous l’égide des Nations unies, pour mettre en place des mécanismes de développement durable, les MDP. Le principe ? Faire payer les entreprises du Nord parce qu’elles polluent beaucoup et participent au réchauffement de l’atmosphère. Une manière pour elles d’y échapper consiste à financer des projets non-polluants dans les pays du Sud. Par exemple : préserver la forêt ou produire de l’électricité avec du vent ou du soleil… D’après la Banque Mondiale, la valeur de ce marché dépasserait les 30 milliards de dollars.

Les 30 milliards ne tomberont pas du ciel, si je puis dire. Pour s’en emparer, les entreprises africaines auraient tout intérêt à se placer sur ce nouveau marché, donc à définir des projets qui soient de nature à intéresser leurs consoeurs européennes ou américaines, qu’elles puissent leur vendre leur non-pollution. Pour le moment, il reste beaucoup à faire : sur 657 projets enregistrés par les Nations unies dans ce domaine en mai 2007, il y en avait 377 en Asie, 255 en Amérique latine… et 17 en Afrique subsaharienne…



Pourtant, ajoute mon ami Tall, pas moins de 3 200 projets d’énergie propre sont potentiellement réalisables dans cette région. Ce qui représenterait 170 giga-watts d’électricité supplémentaire. Soit quatre fois la puissance des centrales électriques actuellement en service sur l’ensemble du continent ! Alors que tous les pays, ou presque, vont souffrir de délestages aux périodes de pointe qui s’annoncent, toutes les entreprises africaines, du moins celles qui veuillent bien s’en donner la peine, ont à portée de main les moyens de faire financer leurs projets d’électricité produite à partir du vent ou du soleil. Donc de construire gratuitement des centrales qui produiront de l’électricité gratuite.

Qui va se lancer ?