L’avion vient d’atterrir et roule sur la piste. Après les annonces d’usage – température, heure locale etc. – l’hôtesse poursuit : « Nous informons les passagers débarquant à Kigali que les sacs en plastique sont interdits au Rwanda. Ceux qui en possèdent sont priés de les remettre aux autorités avant de quitter l’aéroport. Des sacs en papier leur seront donnés … » A ma connaissance – mais j’espère me tromper –, le Rwanda est le seul pays au monde à avoir pris cette décision. Et à s’y tenir. D’une manière générale, ici on ne plaisante avec les règles de vie commune. Dans un aussi petit pays, aussi densément peuplé, elles sont vitales. On peut ainsi parcourir les différents quartiers de Kigali sans trouver un seul papier qui traîne, ni une seule canette de bière qui roule. A peine quelques mégots de cigarettes. Pas d’immondices non plus, pas de caniveaux bouchés pestilentiels, pas d’urbanisation échevelée. J’ai pu aussi constater que les bâtiments publics (ministères, universités etc.) sont aussi propres et astiqués que le marbre des banques privées. Et que l’heure d’un rendez-vous est respectée, tout comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Dans chaque ville les motos-taxis ont une licence et doivent prêter un casque à leur passager, pendant qu’au coin des rues les policiers contrôlent le port de la ceinture sans racketter personne. Je pourrais continuer, bien-sûr, mais on m’accuserait de dresser une liste de clichés élogieux. En tout cas, c’est bien ce que j’ai vu, à chaque voyage. Et qui peut dire que cette réalité ne mérite pas d’être connue ? Le Rwanda est pauvre, mais il s’en tire beaucoup mieux que nombre de pays africains beaucoup plus riches que lui. Cela mérite donc, à tout le moins, réflexion. En fin de compte, pourquoi ne pas faire connaître ce qu’on a vraiment vu, quand certains s’acharnent sur ce pays sans y avoir jamais mis les pieds. Vous voyez à qui je pense ?