Il arrive que la durée de vie d’un papier se prolonge au-delà de la semaine de sa publication. C’est le cas de notre enquête sur « Les Hautes études de Kenitra » (JA N° 2514). Quinze jours après, on en parlait encore aussi bien à Rabat qu’à Marrakech. Les commentaires allaient bon train, charriant somme toute des reproches positifs, des griefs flatteurs. Deux types de lecteurs. Les fidèles pour ne pas dire les accrocs de JA qui croyaient tout savoir sur les « années de plomb » et sont obligés de reconnaître qu’ils ignoraient le phénomène. Ils découvrent que des gauchistes, au temps de Hassan II, avaient arraché le statut de détenus politiques et l’avaient mis à profit pour faire des études poussées avant d’irriguer le nouveau Maroc . Les lecteurs occasionnels, plutôt jeunes, tombent des nues net en redemandent. Ils sont restés sur leur faim et veulent en savoir plus. Le journaliste de passage est assailli de questions. La comparaison des HEK (Hautes études de Kenitra) avec HEC est prise à la lettre. Entretiennent-ils, eux aussi, des réseaux comme les lauréats des grandes écoles françaises? Se retrouvent-ils dans une association ? Pourquoi ne constituent-ils pas un parti ? Et puis les profils esquissés de quelques HEK dans JA ont passablement excité leur curiosité et ils liraient volontiers des pages sur Fatna El Bouih, Sion Assidon, Abdesselam Aboudrar et les autres. Et n’essayez pas d’apaiser leurs exigences en leur rappelant que l’enquête s’étendait sur pas moins de dix pages. « Pourquoi ne l’avez-vous pas publié sur plusieurs livraisons ? », me lance mon interlocuteur.