Ambiance explosive
Dans la période qui précède et suit le Mouloud, date anniversaire de la naissance du prophète, selon le calendrier de l’Hégire, les Algériens ont une fâcheuse habitude. Ils célèbrent l’événement en faisant exploser des milliers, voire des millions, de pétards. Dans un pays où le langage des armes a toujours cours, où les attentats à la voiture piégée ou à la bombe artisanale sévissent encore, cela ajoute au stress ambiant.
Chaque année, le Mouloud est porteur de menaces sur les biens et les personnes. Pour la seule ville d’Alger, on a enregistré près d’une trentaine d’incendie d’appartement, plus de 150 blessés, dont certains ont perdu la vue, d’autres un tympan ou une main. Cette année, le bilan a été particulièrement lourd avec des produits pyrotechniques plus « sophistiqués » affublés par les Algériens de sobriquets loufoques : Bombe A, pour bombe atomique, Heb-Heb, nom donné au mortier de fabrication artisanal qu’utilisent les maquisards islamistes …etc.
Comment un pays sous état d’urgence depuis près de trente ans, dont les services de sécurité sont en permanence sur le qui-vive pour empêcher ce type de produits de pénétrer le marché local, peut-il permettre la commercialisation des « pétards du Mouloud » ? En fait, toute prohibition encourage le trafic. Celui des produits pyrotechniques est particulièrement rentable en pareille période. Le marché est évalué en dizaines de millions de dollars. Cela encourage la corruption et, par voie de conséquence, diminue l’efficacité des scanners dont sont dotés les services douaniers dans les enceintes portuaires du pays, par où transitent les containers venus de Chine et d’ailleurs inondant les étals de l’économie informelle. La maffia du pétard dispose d’un circuit de distribution bien huilé. Dans les villes et les villages, au bout de chaque ruelle, un jeune désœuvré tient une table et propose au chaland les « détonations » les plus surprenantes. Et quand la police tente de mettre fin à ce type de commerce, comme au quartier de Kouba, à Alger, le 3 mars, l’opération vire à l’émeute populaire. Ni le droit canonique ni les fatwas des mosquées ayant décrété illicite cette pratique dangereuse ne sont parvenus à mettre fin à cette tradition païenne spécifique à l’Algérie.
Comment un pays sous état d’urgence depuis près de trente ans, dont les services de sécurité sont en permanence sur le qui-vive pour empêcher ce type de produits de pénétrer le marché local, peut-il permettre la commercialisation des « pétards du Mouloud » ? En fait, toute prohibition encourage le trafic. Celui des produits pyrotechniques est particulièrement rentable en pareille période. Le marché est évalué en dizaines de millions de dollars. Cela encourage la corruption et, par voie de conséquence, diminue l’efficacité des scanners dont sont dotés les services douaniers dans les enceintes portuaires du pays, par où transitent les containers venus de Chine et d’ailleurs inondant les étals de l’économie informelle. La maffia du pétard dispose d’un circuit de distribution bien huilé. Dans les villes et les villages, au bout de chaque ruelle, un jeune désœuvré tient une table et propose au chaland les « détonations » les plus surprenantes. Et quand la police tente de mettre fin à ce type de commerce, comme au quartier de Kouba, à Alger, le 3 mars, l’opération vire à l’émeute populaire. Ni le droit canonique ni les fatwas des mosquées ayant décrété illicite cette pratique dangereuse ne sont parvenus à mettre fin à cette tradition païenne spécifique à l’Algérie.
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