Tous les Blancs se ressemblent
Même après plusieurs mois aux confins du Tchad, dans la partie aride et inhospitalière du Dar Sila, les militaires de l’EUFOR ne sont pas sûrs de pouvoir faire la différence entre des rebelles tchadiens, un groupe de bandits armés ou les troupes de l’Armée nationale tchadienne (ANT). « Des types enturbannés avec parfois des bouts d’uniforme, entassés dans un pick-up avec des armes, ça se ressemble. Quand on les croise, on dit bonjour, on fait un signe de la main, et voilà » me raconte un gradé en poste à Goz Beida, bourgade de sable et de pisé, qui abrite presque plus de militaires étrangers et de réfugiés soudanais que d’habitants.
D’un autre côté, pas sûr non plus que les populations locales fassent vraiment la différence entre un Français membre de la coalition européenne, en poste « pour contribuer à la sécurité dans la zone », et un Français du dispositif Épervier, force de soutien à la stabilité politique. Ce n’est pas le petit macaron bleu sur l’épaule qui aidera le brave éleveur de chameau ou l’agriculteur à dos d’âne à comprendre que la France n’a pas réoccupé l’est du Tchad, mais qu’il s’agit d’une force multinationale installée là pour assurer sa sécurité. Pas sûr qu’il fasse non plus la différence entre un Autrichien, un Français ou un Espagnol. Finalement, surtout lorsqu’ils sont en uniforme, tous les blancs se ressemblent…
Épervier ou Eufor, peu importe, les enfants en guenilles savent qu’ils comprennent désormais « cadeau cadeau ». Qu’ils soient polonais, finlandais ou croates, les soldats sont tous sollicités dans la langue de Molière, pour un T-shirt, un stylo Bic ou un bonbon. Ils saluent, encore une fois, de la main, souriant aux miséreux qui regardent, incrédules, passer les blindés et les chars, comme en temps de guerre ou aux temps, presque oubliés, de la conquête coloniale.
À l’état major de l’Eufor à N’Djamena, les chefs sont convaincus que le message est passé et que les populations savent ce que les Européens fabriquent dans le désert. Rien n’est moins sûr. En revanche, il est fort possible que la débauche de matériel, en particulier la noria de 4x4 flambant neufs de la mission militaire européenne, de l’ONU et des ONG, attirent la convoitise, contribuant à l’augmentation du banditisme, le vrai fléau de l’Est tchadien.
Épervier ou Eufor, peu importe, les enfants en guenilles savent qu’ils comprennent désormais « cadeau cadeau ». Qu’ils soient polonais, finlandais ou croates, les soldats sont tous sollicités dans la langue de Molière, pour un T-shirt, un stylo Bic ou un bonbon. Ils saluent, encore une fois, de la main, souriant aux miséreux qui regardent, incrédules, passer les blindés et les chars, comme en temps de guerre ou aux temps, presque oubliés, de la conquête coloniale.
À l’état major de l’Eufor à N’Djamena, les chefs sont convaincus que le message est passé et que les populations savent ce que les Européens fabriquent dans le désert. Rien n’est moins sûr. En revanche, il est fort possible que la débauche de matériel, en particulier la noria de 4x4 flambant neufs de la mission militaire européenne, de l’ONU et des ONG, attirent la convoitise, contribuant à l’augmentation du banditisme, le vrai fléau de l’Est tchadien.
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