Je me suis bien documenté sur le pays avant d’y mettre les pieds. Pays musulman, la Malaisie est un peu moins peuplée que le Maroc, deux fois plus peuplée que la Tunisie. Mais, ses indicateurs économiques sont de loin meilleurs que ceux des pays maghrébins. Le Malaisien produit relativement quatre fois plus que le Marocain, trois fois plus que l’Algérien et deux fois plus que le Tunisien.

Cette supériorité statistique est encore plus grande lorsqu’on voit les réalisations concrètes. Dès l’arrivée, la différence saute aux yeux. L’aéroport de Kuala Lumpur est ultra-moderne, spacieux, organisé. Il n’y a pas le brouhaha qui caractérise les aéroports maghrébins, ni le sentiment d’inquiétude qui vous attrape dès l’approche des postes de contrôle douaniers. Plusieurs comptoirs sont alignés de façon transparente. L’endroit est très bien éclairé, tout est fait pour qu’il n’y ait pas plus de cinq personnes en train de faire la queue. L’agent examine votre passeport sans penser que vous êtes un criminel ou un terroriste potentiel. Il ne vous demande pas où vous allez ni pourquoi vous venez.

En ville, les infrastructures de transport en commun sont modernes. Les plans du métro et les guides de la ville sont disponibles pour aider l’étranger à s’orienter. Les buildings sont immenses, comme les Twin Towers de la compagnie pétrolière Pétronas, un modèle à suivre pour la Sonatrach algérienne.

Ici, les femmes musulmanes se distinguent par le port du Tudung (foulard qui couvre les cheveux et le coup). Mais cela ne constitue pas une barrière avec les hommes ni un handicap pour travailler dans l’administration, la police ou les douanes.

Dans les hôtels et les restaurants, vous êtes accueillis avec le sourire et servis avec politesse, que vous donniez un pourboire ou pas.

La Malaisie est un exemple de coexistence ethnique. Les malais musulmans dominent avec 65 % de la population, devant les malais d’origine chinoise (25 %) et d’origine indienne (10 %).

Tout le monde est traité sur le même pied d’égalité. Y compris sur le plan politique. La démocratie est vivace, malgré l’existence d’un parti dominant. La presse est libre : les problèmes de corruption, de népotisme, de mauvaise gouvernance et d’insécurité ne sont pas occultés comme dans nos pays.