Le vent de la vie chère
Les temps n’ont jamais été très faciles au Burkina. Mais la période actuelle ne prête pas à la franche rigolade, même si les soirées passées au son de la rumba n’altèrent en rien la réputation des nuits ouagalaises.
Quatre mois après ma précédente visite, les changements ne s’imposent pas d’évidence. Les différents chantiers de modernisation de la capitale sont toujours aussi nombreux, de nouveaux bâtiments pointent fièrement vers le ciel et la récente victoire des Etalons - l’équipe nationale de football - sur la Tunisie a mis du baume au cœur de nombreux Burkinabè.
Quatre mois après ma précédente visite, les changements ne s’imposent pas d’évidence. Les différents chantiers de modernisation de la capitale sont toujours aussi nombreux, de nouveaux bâtiments pointent fièrement vers le ciel et la récente victoire des Etalons - l’équipe nationale de football - sur la Tunisie a mis du baume au cœur de nombreux Burkinabè.
Loin de cette effervescence architecturale et de cet enthousiasme footballistique, j’ai pourtant ressenti le vent de la vie chère et la tension latente que celle-ci fait naître dans toutes les couches de la société.
Imperceptiblement, les Burkinabè vaquent à leur occupation mais le moral n’y est plus. Plus du tout. Les regards sont soucieux, les visages crispés et certains jeunes vendeurs de rue deviennent volontiers agressifs en fin de journée lorsqu’ils s’aperçoivent que le compte n’y est pas. On les comprend.
Il suffit d’interroger des commerçants, des salariés ou des représentants de ce que la science politique nomme « la société en bas d’en bas » pour se rendre rapidement compte de la réalité. Celle de l’explosion des prix.
En y songeant l’équation est simple. Prenons le cas de l’essence. Les Burkinabè payent le litre de super quasiment 700 francs CFA (1,1 euro), soit à peu de choses près le prix appliqué en Europe. Problème : leurs salaires sont vingt à trente fois inférieurs. Or, les moyens de transport en commun étant inexistants, la plupart d’entre eux ne peuvent faire l’économie d’un véhicule.
Le gouvernement continue fort heureusement de fixer les prix à la pompe, limitant ainsi les hausses. Mais on ne s’étonne plus de voir les chauffeurs de taxi faire désormais le plein en fonction de la course. Deux litres par-ci, trois litres par-là . Est-il besoin de parler des denrées alimentaires ?
La tension est donc palpable. Même si elles se sont déroulées en janvier dernier, les émeutes contre la vie chère ne sont pas un lointain souvenir. Le paradoxe dans tout cela est l’émergence d’un autre phénomène face auquel la pudeur s’efface : les signes extérieurs de richesse. La crise et les mœurs ivoiriennes sont-elles passées par là ? Toujours est-il que les 4x4 n’ont jamais été aussi nombreux dans la capitale… des Porsche Cayenne, des Land Cruiser voire des Hummer.
« Avant, les gens n’étalaient pas leur fortune comme ça ! », déplore un étudiant. Les temps ont bien changé. Et à croiser les deux tendances, vous obtenez un cocktail explosif.
Commentaires
1. Le mardi 24 juin 2008 à 17:07, par Eric TOPONA
2. Le lundi 7 juillet 2008 à 13:30, par Moussa Boubacar
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