Des milliers de journalistes marocains et étrangers rêvent d’échanger avec le roi des pauvres. Une éventualité que la sacralisation du personnage et une timidité que l’on dit excessive rendent quasi-impossible.

Le lendemain, à midi tapante, une voiture me récupère au centre ville de Casablanca. Je me retrouve entassé à l’arrière d’une Logan avec trois autres confrères francophones, mais pas la moindre trace des prestigieux envoyés spéciaux d’outre-atlantique.

Nous arrivons sur le site de Sidi Moumem, les os broyés, après 40 minutes interminables. Femmes, gosses, maris sont là avec leurs drapeaux le long de la route qui accueillera le cortège royale. Une flopée de ministres bien cravatés attend avec une certaine anxiété Sa Majesté. Pour tuer le temps, ils se prêtent volontiers aux jeux des questions-réponses avec la presse.

Puis brusquement, un malabar vient sonner la fin de la réaction : « Allez vous mettre là-bas, n’en bougez pas et éteignez vos portables Â». Nous nous retrouvons relégués en bout de tapis au milieu d’illustres inconnus bien costumés, cravatés et parfumés invités à faire la claque. Un cerbère à la mine peu avenante vient se poster devant nous et réprimande le moindre geste de sévères froncements de cils.

Le roi arrive enfin, débout dans sa limousine, lunettes noires, saluant la foule. Et commence au pas de charge la visite guidée du site. Un quart d’heure plus tard, Sa Majesté se tourne enfin vers nous et nous adresse un amical signe de main, puis claque les talons et repart aussi rapidement qu’il est venu.

Une Marocaine me glisse à l’oreille : « Ce roi est vraiment sympa et super simple. L’année dernière, je me suis fait inviter à son anniversaire. Il m’a parlé sans protocole, c’était génial Â».

Je lance aujourd’hui un appel : je cherche une invitation pour le prochain birthday de Sa Majesté !