A Ouaga, Kaddafi est roi
Connaissez-vous l’album de Hergé "Tintin au Pays de l’or noir" dans lequel la famille du petit Abdallah, fils de l’émir Ben Kalish Ezab, s’installe sans autorisation dans les salons de l’hôtel Moulinsart pour y fumer le narguilé et y faire cuire un mouton ?
On a bien failli revivre la scène au Burkina, les 17 et 18 janvier derniers, lorsque Mouammar Kaddafi a voulu planter sa tente au milieu de l’entrée huppée du Libyan Hotel Sofitel de Ouaga 2000, non sans soulever quelques remous. J’exagère mais c’est presque la vérité.
On a bien failli revivre la scène au Burkina, les 17 et 18 janvier derniers, lorsque Mouammar Kaddafi a voulu planter sa tente au milieu de l’entrée huppée du Libyan Hotel Sofitel de Ouaga 2000, non sans soulever quelques remous. J’exagère mais c’est presque la vérité.
Débarqué dans la capitale du Faso à la tête d’une délégation de 150 personnes avec moult véhicules blindés, amazones et autres cohortes, le "Guide" devait assister au 33ème sommet de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Premier problème : il n’était pas invité, mais a convaincu son ami Blaise Compaoré de faire un petit saut pour délivrer sa traditionnelle harangue sur le panafricanisme et la lutte anti-impérialiste.
Second problème : où le loger, lui et sa logistique ? Pour les Libyens, pas besoin de réfléchir bien longtemps : dans l’hôtel construit par leurs soins.
Comme arrivé en terrain conquis, le Guide se laisse donc aller à quelques libertés. S’installe directement dans une suite de l’hôtel puis demande qu’on libère entièrement l’établissement. Refus poli de la direction. En cette période de sommets, tout est occupé.
Alors, il exige que l’on mette à sa disposition une cinquantaine de chambres réservées aux délégations "mineures". Celles de la Guinée-Bissau, de la Sierra Leone, du Libéria… Nouveau refus.
Au ministre libyen des Affaires étrangères d’entrer en scène. Sur un ton menaçant, il fait comprendre que cet hôtel est le fruit de leur travail et de leur argent, qu’ils sont chez eux et qu’ils ont tous les droits. « Vous l’avez peut-être construit, mais c’est moi qui le gère », rétorque l’un des responsables. « Si cela continue, je sors avec mon personnel et les laisse se débrouiller entre eux ! », rumine un autre dans sa barbe.
Finalement, l’intervention de la présidence burkinabè aura raison de l’insistance déplacée du diplomate. Une dizaine de chambres seront libérées comme par miracle. Quant au Guide, il sera logé non loin, dans une villa présidentielle.
Mais cela ne suffira pas pour autant à le calmer. Le lendemain, nouvelle demande empressée : que 200.000 femmes, Peuls de préférence, soient rassemblées dans la ville afin qu’il puisse les saluer !
Djibril Bassolet, le ministre burkinabè des Affaires étrangères fraîchement nommé, n’en revient toujours pas. Mais comme à l’accoutumée, les Burkinabè ont décrispé la situation à coup de boutades et de rires goguenards.
Quelques heures plus tard, au Palais des Congrès de Ouaga 2000, le chef de l’Etat libyen assène un discours-fleuve sur le panafricanisme et l’importance pour les Africains d’être solidaires entre eux.
Dehors, des badauds écoutent RFI. Les plages d’information reviennent en boucle sur la décision de la Libye d’expulser l’ensemble des ressortissants clandestins présents sur son territoire. Des Subsahariens pour la plupart…
Commentaires
1. Le mardi 19 février 2008 à 14:20, par mamadou
2. Le mercredi 20 février 2008 à 11:54, par jpndia
3. Le mercredi 20 février 2008 à 17:39, par kunda
4. Le jeudi 21 février 2008 à 23:26, par Sindbad de tous les océans
5. Le vendredi 7 mars 2008 à 17:22, par Cisco
6. Le samedi 5 avril 2008 à 20:32, par Saîdicus Leberger
7. Le jeudi 17 avril 2008 à 10:21, par tabyam
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