Petites causes, grands effets
Aéroport Houphouët-Boigny, Abidjan, le 24 octobre au soir. Je prends mon mal en patience dans la file d’attente des passagers à l’embarquement de la compagnie Air Ivoire qui va me ramener à Paris après une semaine passée en Eburnie.
Devant moi, une sémillante femme d’affaires, en tailleur de marque, se fait accoster par une hôtesse : « Bonjour chérie, comment vas-tu ? Cet ensemble te va à ravir… Encore un voyage à Paris, tu n’arrêtes jamais. Le business est là ! ».
Rires, échanges d’amabilités… L’hôtesse finit par lui demander. « As-tu des bagages lourds ? Tu sais, je peux toujours m’arranger pour te faire passer les kilos supplémentaires à l'œil ».
Devant moi, une sémillante femme d’affaires, en tailleur de marque, se fait accoster par une hôtesse : « Bonjour chérie, comment vas-tu ? Cet ensemble te va à ravir… Encore un voyage à Paris, tu n’arrêtes jamais. Le business est là ! ».
Rires, échanges d’amabilités… L’hôtesse finit par lui demander. « As-tu des bagages lourds ? Tu sais, je peux toujours m’arranger pour te faire passer les kilos supplémentaires à l'œil ».
3 décembre, centre ville de Casablanca. Le hasard me met sur la route d’un pilote de la Royal Air Maroc (RAM). Un capitaine d’expérience aux longues heures de vol. On discute de tout et de rien, du Maroc d’aujourd’hui, de Casa l’enivrante, du sport, de la Marocaine et l’on en vient, je ne sais pourquoi, à parler des bagages des Africaines…
« Tu sais, c’est l’une des raisons principales des accidents en Afrique, m’affirme t-il. La plupart des avions s’envolent avec une charge théorique calculée sur le poids moyen du nombre de passagers et de leurs bagages. Les réacteurs sont faits pour supporter plus du double de la charge embarquée. Donc, normalement, si le poids est respecté, un aéroplane décolle dans 99 % des cas même si un des moteurs tombe en panne.
En Afrique, la plupart des accidents ont lieu car la surcharge est telle que lors d’une avarie, le seul propulseur vaillant ne suffit plus. La RAM a renvoyé une partie de son personnel par le passé car les agents ne respectaient pas les consignes et mettaient en péril la sécurité des voyageurs ».
Je repense à l’irresponsabilité de cette hôtesse croisée à Abidjan, aux larmes des familles rencontrées lors de mes précédentes enquêtes sur les accidents aériens, au laxisme de nombreux pavillons africains, à toutes ces scènes dont j’ai été témoin sur les tarmacs ces dernières années.
Un jour à Bamako, un mécanicien agrafe un bout de tôle sur la carlingue peu avant le départ d’un petit porteur. Un autre, à Malabo, le pilote et le copilote russes s’en grillent une à un mètre de l’appareil pendant le remplissage des réservoirs.
La palme, à Brazzaville, il y a quelques années. La première couche caoutchouteuse des pneus du train d’atterrissage de l’appareil est entièrement consumée, le capitaine est au portable avec son cousin cinq minutes avant l’envol, des hommes en uniforme, fusil-mitrailleur à la main, montent à bord à la dernière minute sans carte d’embarquement.
L’Afrique détient le triste record du plus grand nombre annuel de crashs pour le trafic le plus réduit, guère surprenant.
Commentaires
1. Le jeudi 17 janvier 2008 à 11:06, par dionede
2. Le mercredi 30 janvier 2008 à 14:01, par Shushu
3. Le vendredi 1 février 2008 à 14:20, par lepigeur
4. Le vendredi 7 mars 2008 à 17:10, par Francky
5. Le vendredi 14 mars 2008 à 22:26, par mwene kabano
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