Pourtant, le 8 décembre, j’étais dans un stade : celui du 28 Septembre, à Conakry. Ce soir-là, je n’assistais pas à un match de football, mais à la finale du concours musical Découvertes organisé par RFI.

Des jeunes, énervés par les ratés de l’organisation, n’arrivaient plus à supporter les longs temps morts entre deux prestations. Une phrase a jailli : « RFI, zéro ! Â».

Puis un caillou est passé à quelques millimètres de mon oreille gauche, avant qu’un sachet d’eau n’explose sur mon dos. Evidemment, je n’ai pas bronché. Le contraire m’aurait étonné moi-même.

Le concert se poursuit, cahin-caha. Le présentateur annonce Ba Cissoko. Le temps de quelques accords, le groupe guinéen et son leader attaquent leur spectacle. Le public vibre. C’est un mélange harmonieux de sonorités arrachées à la kora et aux percussions.

La suite ? Voici mes notes, prises en direct :

« Ba Cissoko est sur la scène. Soudain, un délestage, un de plus. L’obscurité s’empare du stade. Mais les musiciens continuent à jouer. Un miracle s’opère quand les spectateurs, comme s’ils s’étaient passés le mot, sortent leurs portables, les allument et continuent à danser, à chanter à l’unisson. Ces petites lumières, lucioles électroniques, éclairent le stade du 28 Septembre. Je n’en reviens pas Â».

Conakry, c’est cela aussi.