Mon rendez-vous, Abdellah Baha, est ponctuel. Nous allons au deuxième étage saluer "le Docteur" (Othmani). Brève rencontre. Une réunion l’attend et il nous abandonne démocratiquement son bureau.

S’il n’est pas très médiatisé, Abdellah Baha est l’un des chefs historiques de la mouvance islamiste. Il s’est fait remarquer en 1977 à l’Institut agronomique en refusant de se plier aux rites barbares du bizutage, « jugés indignes d’un musulman Â». Ce qui lui vaudra le surnom de Bizu-Allah et de devenir le souffre-douleur de la promotion. Mais il finira par avoir gain de cause : le bizutage sera banni et l’établissement deviendra un bastion islamiste.

Abdellah Baha a répondu à toutes mes questions. Nous avons longuement causé sans voir le temps passer. La nuit était tombée, et il avait négligé d’allumer. Curieux pour un parti qui a choisi comme symbole électoral une lampe électrique.

Après l’impasse, l’obscurité. Décidément, les mauvais augures s’acharnent…