Je me rends donc à la station principale de Tunis, en face de la gare ferroviaire. Je cherche un plan, une carte du réseau ou un simple tracé de lignes. En vain. Je ne vois que des usagers, très nombreux et trop pressés, se bousculer dans les couloirs pour monter dans le train les yeux fermés. Ah, les veinards !

Pour aller à Lafayette, je suis contraint de demander au guichetier quelle direction, quelle ligne, quel quai prendre et à quelle station descendre. Je paie 450 millimes (0,26 euro) le ticket et j’obtiens les précieux renseignements : ligne 2, station Mandela.
Si tout le monde était comme moi, l’agent de Transtu (la Société des Transports de Tunis) passerait tout son temps à faire le guide !

Je monte enfin dans le métro, et je cherche le tracé de la ligne avec le nom des stations. Rien, pas la moindre affiche au-dessus des portes ou sur les côtés. Je dois interroger un usager – et un connaisseur – pour savoir où se situe la station Mandela. Réponse : « Après République ». Je ne suis pas beaucoup plus avancé…

La rame est bondée. Une mendiante défile, un bébé dans les bras. Suivi par un quêteur qui fait une collecte pour la construction d’une mosquée, un Coran à la main. Je reste sur mes gardes.

"Mandela" arrive enfin. Ouf ! C’est décidé, je ne prendrai plus jamais le métro à Tunis. J’attendrais que les dirigeants de Transtu, qui sont fiers « d’une tradition de plus de 130 ans », viennent à Paris s’inspirer de la RATP.