Mais en un éclair, il est déjà trop tard pour piler, ou même pour me déporter : une moto Djakarta lancée à toute vitesse m’empêche de me rabattre sur la file de droite. Heureusement, le choc n’est pas très violent et nous nous rangeons sur le bas-côté.

Les deux portières gauche de l’Opel familiale sont enfoncées ; lui n’a qu’un phare cassé. Plus de peur que de mal, me dis-je.

Face à mes accusations fournies mais polies, le brave homme, gendarme et – qui plus est – mon aîné d’une bonne trentaine d’années, ne se démonte pas. Il nie en bloc et en toute mauvaise foi sa responsabilité dans l’accident.

Au bout d’un bon quart d’heure, et par bonheur pour ma santé mentale, les deux policiers en poste au carrefour le ramènent au sens des réalités et l’histoire peut enfin s’arranger à l’amiable.

Mais en suivant l’officier fautif chez le carrossier, et en le voyant faire des embardées dans tous les sens, j’ai vraiment fini par m’emporter : « Il a eu son permis dans une pochette surprise ou quoi !.. » Astafurallah !