Ils viennent pour la plage, les loisirs, et toutes les libertés que la société tunisienne offre dans une relative sécurité (à part les vols de sacs à main et de voitures qui frappent tout le monde… sans distinction d’origine).

« Les Tunisiens ont tout, sauf une chose », note cet autre Algérien attablé à une terrasse, en sirotant sa bière. « Sauf quoi ? Â», lui dis-je. « Sauf la religion ! Â».

Il est vrai que sur les avenues touristiques, les yeux se portent davantage sur les filles dénudées que sur les femmes voilées. Les deux coexistent ici sans problème, même si la vie y est parfois un peu débridée.

L’alcool est permis en public, les salles de jeux fleurissent, et les boîtes de nuit refusent du monde tellement elles sont bondées. Personne – ni garde-chiourme ni policier en tenue – ne vient vous interpeller à cause de votre tenue décolletée ou de votre conduite tonitruante. L’été, les Tunisiens s’éclatent comme ils veulent. Et c’est ce qu’apprécient les touristes algériens, dont le nombre pourrait dépasser le cap du million en 2007.

Facilement reconnaissables à l’immatriculation de leurs voitures – simplement composée de chiffres –, les Algériens débarquent souvent en famille dans les deux destinations balnéaires qu’ils plébiscitent : Nabeul-Hammamet et Sousse-Kantaoui.

Contrairement aux touristes européens, ils choisissent de résider dans des appartements et des villas meublés en bord de mer. Il leur en coûte de 40 à 100 dinars la nuit, selon le degré de confort. Très dépensiers, ils font la joie des banquiers (en échangeant chaque été des millions d’euros contre des dinars), des supermarchés et de tous les petits commerces de quartier.

Bref, ils dépensent mille fois plus que les touristes européens. Alors que ces derniers se contentent de payer des forfaits à bas prix ou des formules « All Inclusive Â» qui ruinent peu à peu l’économie locale…