Je ne suis pas machiste
Certains lecteurs possèdent une mémoire d’éléphant. Je l’ai vérifié à mes dépens lors de mon passage au Maroc pour couvrir le Festival international du raï qui s’est tenu du 19 au 21 juillet à Oujda, cette ville que mes compatriotes considèrent, à tort, comme la « plus algérienne des villes marocaines ».
Au cours d’un dîner à l’hôtel Atlas Orient, un charmant établissement qui vous offre la possibilité d’échapper à la fournaise de l’été oujdien (40 degrés à l’ombre), Nawal, membre de l’équipe organisatrice du festival, m’apostrophe en me fixant droit dans les yeux.
« Farid Alilat ? C’est bien vous qui avez écrit dans Jeune Afrique que les femmes marocaines ont la cuisse légère, qu’elles sont bonnes vivantes et portées sur la magie noire et la sorcellerie. J’ai de la peine pour vous Mon Cher Monsieur. J’espère que votre séjour ici au Maroc vous permettra de réviser vos classiques sur les Marocaines », me dit-elle le plus sérieusement du monde.
Au cours d’un dîner à l’hôtel Atlas Orient, un charmant établissement qui vous offre la possibilité d’échapper à la fournaise de l’été oujdien (40 degrés à l’ombre), Nawal, membre de l’équipe organisatrice du festival, m’apostrophe en me fixant droit dans les yeux.
« Farid Alilat ? C’est bien vous qui avez écrit dans Jeune Afrique que les femmes marocaines ont la cuisse légère, qu’elles sont bonnes vivantes et portées sur la magie noire et la sorcellerie. J’ai de la peine pour vous Mon Cher Monsieur. J’espère que votre séjour ici au Maroc vous permettra de réviser vos classiques sur les Marocaines », me dit-elle le plus sérieusement du monde.
Cet article, paru dans Jeune Afrique en avril 2005, m’avait valu quelques critiques et beaucoup de désapprobation de la part de certains lecteurs. Mais je ne pensais pas devoir m’en expliquer encore plus de deux ans après sa parution !
J’ai beau rétorquer à mon interlocutrice que ces propos (en fait il s’agit d’un papier sur « Comment les Algériens jugent les Marocains ») ne reflètent guère mon opinion sur la gente féminine marocaine, mais qu’ils constituent plutôt une série de clichés et de prismes à travers lesquels les Algériens jugent leurs voisins de l’Ouest, rien n’y fait. Nawal croit dur comme fer que je suis machiste, misogyne et irrévérencieux envers les sujets de Sa Majesté.
Après une heure de discussion, une tonne d’arguments et la précieuse contribution d’une bouteille de rosé bien frais "Guerrouane" (un cru des vignobles de la région de Meknès), cette vénérable mais non moins tenace lectrice de Jeune Afrique a fini par revoir son jugement à mon égard. Je ne sais pas si c’est dû à mes arguments ou au vin frais, l’atmosphère s’est considérablement détendue.
« Est-ce vrai que vous, les Algériens, avez une très mauvaise image de nous ? » demande encore Nawal. « Bien sûr que non ! » répondis-je.
« Menteur, s’exclame-t-elle. Les Algériens n’aiment pas les fastes du palais, la presse d’Alger se délecte du moindre fait divers en provenance du Maroc, votre président Bouteflika refuse de rouvrir les frontières, votre gouvernement se plaint que l’Algérie soit envahie par le cannabis marocain et vos militaires continuent de soutenir le Polisario. À part ça, vous nous aimez bien. »
Décidemment, les clichés ont la vie dure. La prochaine fois que j’irai en mission au Maroc, j’espère qu’il y aura prescription sur ce fameux article.
J’ai beau rétorquer à mon interlocutrice que ces propos (en fait il s’agit d’un papier sur « Comment les Algériens jugent les Marocains ») ne reflètent guère mon opinion sur la gente féminine marocaine, mais qu’ils constituent plutôt une série de clichés et de prismes à travers lesquels les Algériens jugent leurs voisins de l’Ouest, rien n’y fait. Nawal croit dur comme fer que je suis machiste, misogyne et irrévérencieux envers les sujets de Sa Majesté.
Après une heure de discussion, une tonne d’arguments et la précieuse contribution d’une bouteille de rosé bien frais "Guerrouane" (un cru des vignobles de la région de Meknès), cette vénérable mais non moins tenace lectrice de Jeune Afrique a fini par revoir son jugement à mon égard. Je ne sais pas si c’est dû à mes arguments ou au vin frais, l’atmosphère s’est considérablement détendue.
« Est-ce vrai que vous, les Algériens, avez une très mauvaise image de nous ? » demande encore Nawal. « Bien sûr que non ! » répondis-je.
« Menteur, s’exclame-t-elle. Les Algériens n’aiment pas les fastes du palais, la presse d’Alger se délecte du moindre fait divers en provenance du Maroc, votre président Bouteflika refuse de rouvrir les frontières, votre gouvernement se plaint que l’Algérie soit envahie par le cannabis marocain et vos militaires continuent de soutenir le Polisario. À part ça, vous nous aimez bien. »
Décidemment, les clichés ont la vie dure. La prochaine fois que j’irai en mission au Maroc, j’espère qu’il y aura prescription sur ce fameux article.
Commentaires
1. Le jeudi 16 août 2007 à 15:02, par saïd
2. Le dimanche 26 août 2007 à 13:49, par jamel
3. Le mardi 28 août 2007 à 07:30, par Cliché du maroc !
4. Le jeudi 30 août 2007 à 21:20, par Fayce
5. Le samedi 1 septembre 2007 à 03:30, par Cliché du Maroc
6. Le mardi 4 septembre 2007 à 18:27, par Mustapha
7. Le lundi 10 septembre 2007 à 17:07, par Lady Zee
8. Le mercredi 12 septembre 2007 à 20:46, par Beurgeois
9. Le vendredi 14 décembre 2007 à 21:22, par prof
10. Le jeudi 20 décembre 2007 à 00:52, par redouane
11. Le dimanche 27 avril 2008 à 01:42, par africain
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